Synopsis

L'année 2014 commence par la saison des cross, une découverte l'an dernier lorsque j'ai rejoint le club Free Run 72. Malgré près de 20 ans de course à pied, je suis encore novice dans cette épreuve. Mon récent passage chez les vétérans m'offre l'occasion de faire bonne figure mais le calendrier entre en collision avec mon voyage au Kenya au niveau des 1/2 finales, ce qui me laisse donc au mieux la possibilité de participer à 2 cross (départementaux et régionaux).

Pour me donner les meilleures chances j'ai demandé à Marcel (alias D'Artagnan par les habitués du forum courseapied.net), de me suivre et de me donner quelques conseils précieux. C'est aussi une nouveauté pour moi qui suis plutôt d'un genre autodidacte et indépendant.

La prépa

Les fêtes de fin d'année sont passées, une crève à la clé. C'est avec quelques jours de retard (et une ou deux séances de ratées) que j'entame mon plan d'entrainement. Une séance de côtes puis une de piste pour se remettre dans le bain avant la première échéance qui m'attend pour les départementaux.

Le mot du coach : "Fais attention à la séance de jeudi, même si elle te parait facile, ne tombe pas dans l'excès d'intensité, tu en auras besoin dimanche." - La séance du jeudi c'est un "25' + 3 x (800 + 400) + 12' cool", alors les 800m à 17km/h et les 400 à 18,5km/h c'était tout sauf facile, surtout la 3e série !

Au retour des départementaux, une légère contracture m'oblige à alléger la semaine, le qualitatif a lieu le samedi avec une séance ludique typée cross, des séries de 12'-10'-8'-6' principalement sur herbe ou chemins avec de la boue, des rondins à franchir, des côtes, des virages serrés et même des escaliers (pas trop pentus) sur la dernière. Belle séance fun sous le soleil et juste avant la tombée de la nuit.

Pour compléter, une séance de 8x30"-30" sur herbe mouillée à 2 jours du déplacement à Nantes. 

Etant habitué à la succession des préparations marathon à longueur d'année ça me semblait bien léger. C'est sans aucune frustration lié au manque de kilométrage que je suis arrivé au bout de ce mois d'entrainement. Le fait d'avoir une vie perso bien remplie n'y est surement pas étranger.

Les départementaux

La photo ci-dessous résume bien l'esprit cross dans un club comme Free Run 72, on a beau être vétérans c'est avec une âme de gamins qu'on s'aligne sur ces courses.

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C'est aussi une âme de guerriers qui nous anime ce jour-là. Je fais le déplacement dans la Sarthe avec mon pote Cyril, depuis Vincennes on a 2 bonnes heures de route, pour moi c'est l'occasion d'un peu de repos supplémentaire.

On arrive à Saint-Mars-la-Brière où l'on retrouve les potes du club, certains sont déjà sur le parcours. On prend notre temps pour discuter, accrocher nos dossards et nous mettre en tenue pour l'échauffement. Tous les vétérans se retrouvent pour repérer le parcours à allure tranquille. On découvre les quelques bosses qui nous sont proposées et on se rend compte rapidement que le terrain est assez sec. S'ensuit donc un débat sur la longueur des pointes à adopter, j'opte finalement pour rester avec mes chaussures de trail minimalistes Brooks PureGrit qui m'ont satisfait en termes d'appuis lors de l'échauffement.

On se place tous ensemble sur la ligne de départ pour une photo de club et on attend le coup de pistolet. "A l'abordage !" C'est ainsi qu'on s'élance, pour ma part un départ rapide pour ne pas être enfermé à la corde. Je me retrouve assez vite en surrégime et je me laisse dépasser pour trouver mon allure de croisière. Les deux premiers tours se passent bien, le choix de chaussures me convient, je dérape juste un peu dans les bosses mais elles sont courtes donc ça passe en force. Un peu à court d'entrainement je commence à souffrir, j'ai du mal à m'accrocher à ceux qui me dépassent, heureusement pas de trop. Globalement ça se passe pas si mal et j'en termine en étant 56e/169 et qualifié en individuel, dans l'équipe 2 de Free Run 72 (7e équipe et qualifiée), l'équipe 1 est championne de la Sarthe.

Rendez-vous dans 2 semaines...

Les régionaux

Le deuxième round de ces championnats avait lieu à Couëron près de Nantes. J'arrivais la veille accompagné de Maureen ma fée, la météo radieuse nous permis de nous balader en ville et de passer une journée agréable et décontractée. Entre bière locale, cidre et crêpes, le côté festif l'emportait largement sur le sportif. Le lendemain, boue et pluie annoncées, ce ne serait pas une partie de plaisir.

Effectivement, au réveil le ciel était gris et une fine pluie tombait déjà. Le temps d'avaler un petit dej' copieux (2 cafés, 3 croissants + quelques tartines) et de se préparer et en voiture pour Couëron sous une pluie maintenant battante. Nous arrivons sur les lieux et garons notre mini voiture décorée de libellules et papillon au milieu du champ transformé en parking, ça patine dans la boue, le ton est donné !

On retrouve la tente du club et les quelques free runners déjà arrivés, on papote un peu (principalement de l'état du terrain). Aux abords de l'aire de départ c'est clairement ambiance Woodstock, de la boue partout, la pluie ne s'arrêtant que rarement ça n'ira pas en s'améliorant. J'enfile mes chaussures de trail et je pars en trottinant pour repérer la boucle du parcours que nous auront à faire 4 fois. A première vue on va en baver, c'est loin d'être plat et par endroit les flaques de boue s'étendent sur toute la largeur, inutile d'espérer finir propre. Je vois une pancarte "boucle moyenne", zut j'en ai raté un morceau, ça me semblait pourtant long. Si je devais faire une comparaison je dirais que le profil ressemble à celui de la Corrida de Houilles (excepté pour la boue bien sûr), puisse-t-il m'apporter la même réussite. Retour à la tente à peu près en même temps que les gars qui viennent d'en terminer avec le cross court, mines boueuses confirmant les indications prises lors du repérage.

Il est temps d'enfiler les pointes et d'aller se mettre en place... Sous les ordres du starter, un peu en retrait, *bam* c'est parti et ça joue des coudes d'entrée, départ prudent pour moi et toujours mal placé au premier virage, dans les lignes droites je longe les rubalises pour dépasser car y'a du monde devant ! On commence à enchaîner les descentes, virages et montée, je suis bien remonté et je dépasse toujours. J'ai vite trouvé mon rythme de croisière, un oeil sur le cardio pour confirmer que c'est stable. Fin de la première boucle avec de bonnes sensations, je fais signe que tout est ok et je poursuis de la même manière pour la 2e boucle. Sur ce parcours où la boue prédomine je profite de la moindre portion stable pour relancer tant que je ne ressens pas de difficulté. Je reste "facile" jusqu'à la mi-course mais là ça coince, j'ai peut-être trop donné et à mon tour je me fais dépasser par de petits paquets de coureurs, j'estime à 15-20 places de perdues durant ce 3e tour où je me sens à la limite du point de côté. Je limite les dégâts et reprends mon souffle dès que le parcours le permet et à l'entame de la dernière boucle je sens que le mal est passé. Dans ma tête je me dis que la prochaine fois que je passerai devant toi ce sera pour l'arrivée. Voilà qui me donne un supplément de motivation et confirme mon regain d'énergie. Ce que j'aime aussi sur ces parcours en boucles c'est qu'il y a souvent quelqu'un du club au bord pour encourager, j'entends mais je reste concentré sur ma course. Il reste environ 1500m je fais l'effort pour dépasser et choisir mes trajectoires, à 500m je donne un bon coup de rein dans une bosse et passe par la même occasion 4-5 coureurs avant que le sprint ne soit lancé. Je me bats jusqu'au bout car la moindre place peut avoir son importance. Et ça en aura !

Après l'arrivée, à peine le temps de se poser, un passage express à la tente pour saluer les copains, une "douche" minimaliste avec un jet d'eau glacée et on prend la direction la gare, on se perd dans la banlieue nantaise, le timing est super serré pour déposer la voiture et monter dans le train. A 5min près c'est bon, on est au chaud et on peut enfin savourer cette fin de week-end. Comme on dit dans le monde du cross : "week-end boueux, week-end heureux !".

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Ce n'est que plus tard que j'apprendrais que je termine 167e / 361 participants (les 180 premiers étant qualifiés en individuel).

Le mot du coach : "Bravo pour ta perf. Le but était de te qualifier (pour le moral) et tu y es parvenu dans des conditions loin d'être évidentes. De plus, tu n'as pas de passé de crossman, c'est donc un mini exploit vu la qualité des gars autour de toi."

Bilan

Ma seconde saison de cross s'achève donc sur une qualification pour une 1/2 finale de championnat de France (catégorie vétérans).

Il se pourrait bien que j'en fasse dans les prochaines années une priorité et pourquoi ne pas aller au bout. Après une participation aux championnats de France sur 10km route; semi-marathon et marathon je me verrais bien aller en finale de championnat de France de cross.

J'ai pris beaucoup de plaisir à courir sans me soucier du chrono et à me mesurer aux autres, ce qui n'est pas dans mes habitudes.

Je raccroche les pointes pour cette année, mais une histoire d'amour si bien commencée est faite pour durer.

Merci ma chérie pour tes encouragements, les photos, et pour avoir été là malgré la gadoue et la pluie. 

 

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