Je m'étais promis de faire un petit compte rendu une fois tous les marathons "d'automne" passés, le programme commençant fin août à Reykjavik et s'achevant fin novembre à La Rochelle (les deux initialement prévus pour faire un chrono). Tout ne se passe pas forcément selon le plan...

Août : Marathon de Reykjavik

En guise de préparation j'avais dans les jambes la France en Courant, du volume pendant 15 jours sous la forme de belles séances de fractionné aux distances variées (de 1000 à 5000m en général). Au retour début août je plaçais quelques bons entraînement et lors d'une ultime sortie longue le dimanche avant de partir pour l'Islande une petite contracture mal venue à la cuisse droit, rendez-vous en urgence chez l'ostéo et me voilà soigné.

Arrive donc le jour de la course avec dans l'idée de "taper un sub3h", j'avais repéré le parcours et ça donne en gros : 14km de plat, 14km un peu rock'n'roll et de nouveau 14km de plat. Il "suffirait" donc d'arriver au km28 dans les temps et ensuite toute roule... Dans le sas de départ, beaucoup de semi-marathoniens, je repère donc rapidement les dossard et me trouve un compagnon de route, on s'échange quelques mots, il vient de Manchester et s'appelle Dan, nos objectifs sont tout aussi ambitieux l'un que l'autre (lui vise "si possible" 2h50 mais revient de blessure). On en plutôt dans le même rythme donc je le décide de le suivre. Pendant une dizaine de kilomètres tout va bien et puis la contracture "pointe" le bout de son nez et le 14e kilomètre arrive, je ne tiens plus l'allure dans les long faux plats et ne récupère pas assez dans les descentes, mon rythme est irrégulier et je prend du retard. La séance de montagne russes est éprouvante et quand j'en viens à bout je sens que je n'ai plus de jus. Au 28e km qui devait être synonyme de délivrance je ne parviens pas à relancer. Finalement je retrouve Dan au ravitaillement du 30e, boitillant, pas plus de chance pour l'un comme pour l'autre, on finira tous les deux dans la douleur avec une vitesse chutant jusqu'à 10km/h. 3h15 au chrono final, pas si mal compte tenu des conditions, mais très loin de nos attentes.

Septembre : Marathon de Colmar

En rentrant d'Islande, c'est un peu la suprise du chef, j'accepte de remplacer un meneur d'allure blessé sur le marathon de Colmar, je viens de rentrer et n'ai pas repris ma préparation dont l'objectif est fixé pour les 20km de Paris. Une reprise que je ferai un peu brutale et n'écoutant pas assez les alertes que m'envoie mon corps. Résultat un début de tendinite que je soigne avec mes remèdes habituels : glaçage quotidiens et anti-inflammatoires.

Le marathon arrive et c'est avec un plaisir immense que je mène l'allure en 3h45 (ma préférée). C'est une première édition, l'ambiance est hyper conviviale et les organisateurs ont tout bien préparé pour que ce soit une réussite. Il ont en plus innové avec un nouveau concept : "L'escadrille". Les coureurs participants à cette formule sont en équipe de 3 : le premier prend le départ pour courir l'intégralité du marathon, le 2nd le rejoint à mi-course et le 3e à 10km de l'arrivée. Ce qui permet de gonfler le peloton là ou d'habitude il commence à être clairsemé. Une néo-marathonienne m'a donc suivi depuis le départ, restée avec moi durant le long faux plat et la belle côte entre le semi et le 27e kilomètre et s'est envolée pour une joli chrono une fois rejointe de ses coéquipiers. Le parcours n'est donc pas des plus facile mais les paysages sont magnifiques dans les vignes.

Il faut une nouvelle fois souligner l'organisation parfaite de cette course. De quoi se réconcilier avec la course après ma déconvenue islandaise.

Seule ombre au tableau, le tendon bien inflammé qui m'a obliger à rentrer en boitant...

Octobre : Marathon de Lausanne

C'est donc convalescent que je participe à la course Odysséa, dans mon bois de Vincennes début octobre, un vrai régal de pouvoir faire un peu de vitesse ce jour là. Tout est au top. Reste que la prépa ayant été tronquée il n'y aura pas de course au chrono le dimanche suivant sur les 20km de Paris. Peu importe, je porterai la dernière flamme de meneur d'allure pour participer à la fête. Encore une fois un moment de partage au top.

Je me mets au vert dès le vendredi soir pour rejoindre la Suisse, on est accueillis dans un bel hötel et je suis ravi de retouver les autres meneurs d'allures, je me détends en écoutant de la musique douce, je soigne mon tendon qui semble aller beaucoup mieux. Le samedi on va se balader au musée Olympique pour prendre des photos, on s'amuse comme des petits fous et on passe un bon week-end. Cette fois-ci je mène en 4h15, allure tranquille donc qui me permet de ménager mon tendon, ça se passe pas trop mal, encore une fois je prends beaucoup de plaisir.

Novembre : Marathon de La Rochelle

En remontant dans mes archives, il s'agit de ma 6e inscription sur cette course, mais pour l'instant seulement 3 participations : 2005 avec un RP à l'époque juste au dessus de 4h, 2013 et 2014 avec des victoires par équipe sous des couleurs différentes. Je me fais déjà une joie de retrouver cette ville avec mon nouveau maillot rose et noir. Le club "Run&Freedom" fondé cette année autour de Chauchau et des meneurs d'allure vient tout juste d'être validé par la FFA.

Les premières retrouvailles ont lieu à l'occasion du marathon de Nice-Cannes que je cours en duo, l'occasion de juger de mon état de forme. Les conditions sont superbe et comme chaque fois on passe un très bon moment ensemble, entre l'excitation de la course et le plaisir de se retrouver. Le dimanche matin le soleil est au rendez-vous et je m'en vais attendre ma binôme Estelle près d'Antibes. Elle me passe le témoin en ayant battu son record sur semi, rien que ça, partie avec Franky notre meneur d'allure en 3h15 avant d'accélérer. Mon objectif étant qu'il ne me rattrape pas. De bonnes sensations pendant les premiers kilomètres, je me surprends même dans les passages délicats. Mais au bout de 10 kilomètres tout lâche, le physique et le mental à la suite, les jambes sont lourdes et le tendon douloureux, je dois ralentir, je m'arrête même au ravitaillement avec du mal à repartir, la hanche est bloquée (probablement en compensation pour ne pas trop tirer sur le tendon), finalement je n'attends qu'une chose c'est que Franky revienne sur moi, ce qu'il fera peu avant l'arrivée et on terminera ensemble. Le contraste est saisissant entre le beau week-end entre copains et la douleurs ressentie sur le course. A l'arrivée je craque complètement : "plus jamais ça", plus jamais je n'irai contre la blessure. Je ne crois pas avoir autant souffert pendant un semi-marathon, si ce n'est peut-être le tout premier en 1995 terminé en 3h, sous des trombres d'eau, en boitant.

J'avais déclaré forfait une première fois il y a une dizaine d'année à cause d'une blessure, une seconde fois quelques années plus tard pour des raisons personnelles. Ce 3e forfait résume bien un peu tout ça. Le mois de novembre se fait bien gris alors que l'automne avait été ensoleillé.

Décembre : Marathon de l'Espoir de Sully-sur-Loire (en relais)

Comme un symbole, le mois de décembre commence par 3 belles séances sans douleur. Le mardi, la séance de coaching habituelle, allure lente et quelques accélérations avec mon groupe.

Le vendredi matin c'est un run à Marseille, avant même le lever du soleil : ma boucle fétiche au départ de Castellane, passage sur la Corniche et retour par le Vieux Port, 11km sans forcer, à l'écoute des sensations, sans avoir mal. La première vraie séance depuis 3 mois à un rythme quasi normal.

Le dimanche qui suit je suis engagé en relais sur le marathon de l'Espoir en bords de Loire, ma soeur a décidé de monter une équipe déguisée "Les Super Héros" : Alexandre (James Bond) prend le départ et passe le relais à mon cousin Xavier (Spiderman) puis c'est au tour de Benoît (Sangoku) qui transmet le temoin à ma soeur Hélène (Batgirl) avant de me lancer dans ma tenue de Batman pour les 12 derniers kilomètres. Comme vendredi matin j'ai décidé de rester à l'écoute, c'est une course de reprise et je ne compte pas me blesser et être de nouveau arrêté. Un départ prudent pendant 2 kilomètres avant d'arriver sur la levée, là je check, tout est ok, je commence à accélérer en me disant que si ça coince je suis prêt à ralentir ou même à stopper. Je ne regarde même pas ma montre, ce n'est pas l'important aujourd'hui, juste me faire plaisir et ne pas me faire mal. Je transpire à grosses gouttes sous mon masque et j'ai un peu de mal a respirer mais physiquement je me sens bien, les jambes tournent bien et le tendon ne tire pas. Je rattrape et dépasse pas mal de coureurs (la plupart sur le marathon avec un objectif entre 3h30 et 3h45), je les encourage tant que je peux. Le public sur le bord de la route me donne des ailes, c'est vraiment top de courir déguisé. L'arrivée dans le parc avec le Château en ligne de mire est superbe et toute l'équipe vient se joindre à moi pour franchir la ligne avec un chrono exceptionnel de 3h30 (on partait plutôt pour faire 3h45-4h).

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La blessure faisant maintenant partie du passé, la suite s'annonce belle. Le mois de décembre sera purement aux sensations avant de reprendre l'entrainement en janvier. Je partagerai la fête de la Corrida de Houilles (27/12) et du Cross Ouest France (16/01) en étant meneur d'allure. Le retour à la compétition devrait avoir lieu pour les Foulées de Vincennes (07/02) et de Charenton (21/02). Une année en rose, aux couleurs de "Run & Freedom" et "Run Inn Paris".

A l'année prochaine pour de nouvelles aventures...

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